Samedi 14 novembre 2015 : journée médiation et conciliation

La médiation : chemin de reconstruction

jeudi 17 décembre 2015
  par  Noël Le Fort
popularité : 4%

« Transformer les conflits par la médiation et la conciliation », tel était le thème de la journée organisée par le Fonds Saint-Yves de Tréguier le 14 novembre. Bertrand de Villeneuve, médiateur, y a participé.

On ne devient pas médiateur sans avoir soi-même vécu des situations de tension et de conflit. Sans avoir reçu, après un service civil, comme objecteur, dans une aumônerie étudiante, des leçons de témoins éminents, mais à contre-courant : le général Jacques de Bollardière et Jean-Marie Muller, philosophe de la non-violence. […] Sollicité par le Conseil de l’Europe, Bertrand de Villeneuve a formé à la médiation des jeunes que la haine avait dressés les uns contre les autres : Monténégrins, Serbes, Albanais… « La tâche est gigantesque » confie-t-il ; souffrance, haine, vengeance, il n’est pas sûr qu’on sorte aisément de ce « cycle infernal historique et culturel de la violence ». Pourtant, la médiation reste un « espace de parole avec les autres, avec soi-même… tel un chemin de reconstruction ».

 L’esprit de la médiation

Rien à voir avec la simple conciliation où la sagesse ordinaire peut réduire (un temps) les motifs de rupture. Elle est « véritable révolution culturelle qui réconcilie l’humain avec une part de lui-même si souvent niée… restauration par rapport à soi-même, restauration dans ma relation à l’autre ». Intéressante, la rencontre de Bertrand de Villeneuve avec Jacqueline Morineau, initiatrice des méthodes de la médiation humaniste (et d’ailleurs intervenante de la journée du 14 novembre) : professeur d’épigraphie antique, elle voit dans la tragédie grecque comme une modélisation des épisodes de la haine et du tourment indicible. Ainsi la longue « théorie » (procession) des rancœurs et des détresses ; l’ « acmé » (pointe de la révolte) quand les cris interpellent le ciel et quand le « coryphée » ne peut juguler la colère humiliée. « Dans l’excès de la souffrance, comment se libérer des sentiments d’injustice, de haine, de désespoir qui restent un véritable poison pour le cœur ? » Sûrement, aucun « deus ex machina » : « la médiation n’a pas de solution à apporter. Elle responsabilise les médiants car c’est à eux de trouver la solution. » De quelle arme dispose donc le médiateur ? Toutes paraissent lui faire défaut. S’il pratique « le non-jugement », il ne dispose que de son « humilité » ; elle seule permet « le passage du médiant et du médiateur avec leur souffrance et leur questionnement sur eux-mêmes ». Reste un indéracinable optimisme. « Lors d’un stage récent, une participante ne disait-t-elle pas que c’est avec ça – la médiation – qu’on fera la paix » ? […]


 Du Kosovo à l’Algérie

À 53 ans, Bertrand de Villeneuve est riche d’une longue expérience de la médiation, comme au Kosovo, dans une situation de grande tension. En 1990, le Kosovo connaît une situation d’apartheid. Bertrand de Villeneuve séjourna sur place, missionné par le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). En 1997, le Centre de formation à la médiation, fondé par Jacqueline Morineau, est sollicité pour former les jeunes des 47 pays du Conseil de l’Europe. Cela l’occupe un mois par an, de 1999 à 2002. En 2007-2008, c’est à la demande de l’UNICEF qu’il se rend en Algérie pour former les futurs conseillers d’orientation et les psychologues. Depuis la fermeture du Tribunal de Guingamp, Bertrand de Villeneuve n’est plus sollicité en qualité de médiateur pénal. Il se consacre à la formation à la médiation et à l’IUT de Lannion. […]


PS :

Commentaires

Bouton Facebook Bouton Twitter Bouton Pinterest Bouton Contact

Soutenir par un don