Chers frères, témoins de Saint Yves,
Ce troisième dimanche de l’avent nous ouvre la porte à la charité : Vivons cette charité avec Saint Yves à l’école de Marie.
Lors de sa visite à Elisabeth, Marie donne un exemple éclatant de charité. En ce temps de préparation à Noël, imitons avec Saint Yves cette attitude en servant les autres avec bienveillance et humilité. A l’exemple de Saint Yves, en aidons ceux qui sont dans le besoin simplement par des gestes de tendresse et d’amitié. Cette période est propice pour penser aux autres et offrir notre aide sans rien attendre en retour. « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même. »
« Comment puis-je préparer le chemin du Seigneur ? »
En aimant nos frères, nous préparons ce chemin. Ainsi, nous devenons à notre tour le chemin par lequel le Seigneur atteint beaucoup d’autres personnes et en particulier celles qui ont besoin de notre générosité, de notre charité.
« Les vrais trésors de l’Église ce sont les pauvres ! », affirmait le pape François en novembre 2016. “Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies”, lançait-il un an plus tard, pour la première Journée mondiale des pauvres. L’idée de cette journée avait été soufflée au souverain pontife par le français Étienne Villemin, fondateur de Lazare. Cette association propose de vivre avec des personnes démunies.
Saint Yves, Inspire nous par ton témoignage : Saint Yves, est proche des pauvres
« J’ai bu et mangé bien des fois avec Dom Yves, par terre, entouré de pauvres, se souvient ce Trégorrois, témoin d’une scène extraordinaire : « Il ne mangeait que du pain grossier et des plantes potagères… et il buvait de l’eau fraîche […]. Une fois, je l’ai vu donner aux pauvres une fournée entière de pain. Ce jour-là, par la suite, j’étais à table avec lui à Ker Martin, dans sa maison, quand arriva un pauvre d’une laideur extrême et misérablement vêtu. En ma présence, Dom Yves le fit asseoir en face de lui et manger avec lui dans la même écuelle.
Tandis que le pauvre se tenait près de la porte de la maison, il se tourna vers Dom Yves et vers moi et nous dit en breton : “Adieu ! Que le Seigneur soit avec vous.” Cela dit, le pauvre apparut à Dom Yves beau et vêtu d’un habit blanc, comme Dom Yves me le rapporta aussitôt. Il me dit que celui qui était arrivé très laid s’en allait beau et que la maison resplendissait de la clarté de son habit. À dater de ce jour, Dom Yves ne mangea pas à cette table mais, après le départ du pauvre, il se mit à verser des larmes et dit : “Maintenant je sais qu’un envoyé de notre Seigneur est venu me visiter” » (t. 3).
Ce paroissien, lui, se trouve un jour avec Dom Yves, dans cette maison qu’il avait faite pour les pauvres : « Il y avait là un pauvre qui allait, disait-il, à saint Jacques ou aux Sept Saints de Bretagne, je ne me rappelle plus bien. “Tu as donc de bons souliers, lui dit Dom Yves. Oui, messire, s’ils étaient graissés.” Dom Yves fit apporter de la graisse et le pauvre voulut les graisser mais, sous mes yeux, Dom Yves les graissa de ses mains » (t. 19). Un autre qui marchais avec échasses et béquilles raconte : « Passant par la cité de Tréguier et ne trouvant personne pour me donner l’hospitalité pour l’amour de Dieu, je suis arrivé à la maison de Dom Yves à Ker Martin. Il manifesta une grande joie à me recevoir, joignit les mains, les leva au ciel et me dit : “Béni soit Dieu qui m’a envoyé un messager !”
Tout de suite, on a dressé la table, et il m’a servi du pain, du potage et de l’eau. Dom Yves a mangé avec moi du pain grossier seulement et il a bu de l’eau fraîche. Le soir, il m’a fait coucher dans un lit. Le lendemain, j’ai pris la liberté de m’en aller. Je ne me trouvais pas loin de la ville de La Roche-Derrien, tout près d’une chapelle, quand je vis Dom Yves. “Pourquoi t’être retiré comme cela ?” me dit-il, et il m’a donné deux deniers. Il est entré dans la chapelle et y a célébré la messe devant moi et en présence de nombreuses personnes que je ne connaissais pas. À l’élévation du Corps du Christ, j’ai vu une sorte d’éclair tourner rapidement autour du calice, si vite que je n’ai pu le fixer. L’élévation finie, l’éclair disparut » (t. 151).
Après ce témoignage dense et poignant, nous murmurons en nous-mêmes : La marche est très haute, « je ne suis pas Saint Yves ». Mais avons-nous déjà pensé à rendre visite à nos voisins, pour leur annoncer les horaires des célébrations de Noël ? Nous sommes-nous déjà demandés qui sera seul à Noël ? Qui pouvons-nous inviter à notre table ? Peut-être un coup de fil ferait plaisir à ce voisin ou voisine seule.
Avec foi, et avec espérance, posons un acte de charité en regardant en face celui qui mendie notre attention devant les portes des magasins. Si nous n’avons rien sur nous, prenons un temps pour demander son prénom. La prochaine rencontre se passerait autrement.
Le fonds Saint Yves nous propose de dire notre acte de charité tous le jour s de cette semaine.
- Au cours de nos prières, demandons à l’Esprit Saint de nous inspirer la personne envers qui nous pourrions-nous être charitables.
- Récitons notre acte de charité.
« Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et plus que tout, parce que vous êtes infiniment bon, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous. »
- Ne l’oublions pas : L’amour est à la base du christianisme, car « Dieu est Amour », dit l’apôtre bien-aimé Jean.
Dans l’Hymne à la Charité (1 Co 13), Saint Paul en donne quinze caractéristiques de l’Amour qui se fait proche : huit négatives (la charité ne se gonfle pas d’orgueil, ne cherche pas son intérêt…) et sept positives (la charité est serviable, croit tout, supporte tout…). Elle reste la seule vertu couvrant toutes les autres dans le Royaume après la foi et l’espérance. Elle oriente et perfectionne ici-bas toutes les vertus.
Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20). Aimer les autres nous relie à Dieu, et on aime Dieu dans les autres. Car « Où sont amour et charité, Dieu est présent ».
Bel Avent
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