Témoignage d’un Témoin de saint Yves : aimer l’Église, quoi qu’il en coûte.

Je me permets de vous partager ce petit témoignage.

Jusque-là, catéchistes, avec mon épouse, dans la Paroisse de W. où je suis né, nous avons déménagé à G., dans la paroisse voisine et cessé nos services.  Il y a quelques semaines, le nouveau Vicaire de la paroisse de W. est venu nous rendre visite – il avait appris notre investissement passé – pour nous demander d’y reprendre du service : distribution de l’Eucharistie, préparation au baptême des adultes, équipe de funérailles. Nous avons accepté, le cœur en joie de pouvoir nous mettre au service de Jésus à travers son Église, à l’exemple de saint Yves, serviteur infatigable de l’Église.

Et voilà que, peu après, le Curé-Doyen, nous rend visite à son tour, il vient nous expliquer qu’il n’approuve pas la démarche spontanée du Vicaire et qu’il ne souhaite pas que des personnes extérieures à sa paroisse y rendent des services, au nom de l’ancrage territorial ; et il nous a demandé de nous investir dans notre propre paroisse. Le Vicaire m’a ensuite expliqué, désolé, que nous avons fait les frais d’un désaccord entre lui et son Curé-Doyen.

Vous imaginez la « douche froide », surtout en Église, dans un lieu qui devrait être un modèle de charité fraternelle. Ce n’est pas facile de sentir que nous ne sommes pas les bienvenus et de se sentir rejetés de sa paroisse de naissance (et de mariage), d’autant plus que nous n’avions rien demandé. On frappe à votre porte, vous ouvrez avec joie et brutalement la porte se referme et vous claque sur les doigts.

Comme nous y invite saint François de Sales *, cela a été l’occasion de chercher ce que l’Esprit Saint a voulu pour nous à travers cette mésaventure ? « Fermer notre cœur » sur un orgueil blessé ? Sûrement pas. Que veut-il nous montrer ? D’abord, combien nous avons grandi dans l’amour de l’Église ; quand nous aimons, nous acceptons aussi les limites et les faiblesses de celui qu’on aime avec indulgence et miséricorde ; nous savons tous que l’Église est faite d’hommes et de femmes comme nous et donc de pécheurs, comme nous. Ensuite que nous nous sommes déclarés prêts à vivre la disponibilité malgré des emplois du temps bien chargés, tout simplement par amour de Jésus. Enfin, nous nous en sommes remis et avons pardonné, notre foi mise à l’épreuve en est sortie purifiée et plus forte. L’Église, c’est le Corps de Jésus, Il a offert Sa Vie pour elle, nous pouvons bien offrir nos contrariétés pour Elle.

Je fais partie des Témoins de saint Yves, sa vie, son amour de l’Église m’ont soutenu dans cette démarche. J’ai aussi pris appui sur « la prière à saint Yves et à l’Esprit Saint » que je récite chaque matin : Esprit Saint, âme de mon âme, je T’adore et je T’aime, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi, indique-moi la route. Je m’en remets, à l’exemple de saint Yves, à tout ce que Tu désires de moi, fais-moi seulement connaître Ta volonté pour éclairer mon chemin.

Seigneur Esprit Saint je me tourne vers Toi avec confiance, appuyé sur la prière de ton serviteur saint Yves ; Tu lui as donné en son temps de juger avec équité, d’assister les pauvres. Aussi avec Ton aide, je prends aujourd’hui saint Yves comme modèle de sainteté. Amen. »

Merci Seigneur Esprit Saint, merci saint Yves pour ton intercession !

« Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5,20) écrit saint Paul aux Romains et il poursuit : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Rm7,19)

Me C. , avocat

* Saint François de Sales dans une brève méditation (Saint François de Sales, IVD, 2e partie, ch. 18, Pléiade, p.110. et TAD, Livre 8, ch.13, Pléiade, p. 752 ; Introduction à la vie dévote & Traité de l’amour de Dieu) nous éclaire afin de grandir dans le discernement des inspirations de l’Esprit Saint :

« Nous appelons inspirations tous les attraits, mouvements, reproches et remords intérieurs, lumières et connaissances que Dieu fait en nous, prévenant nos cœurs en ses bénédictions (Ps 20) par son soin et amour paternel, afin de nous réveiller, exciter, pousser et attirer aux saintes vertus, à l’amour céleste, aux bonnes résolutions, bref à tout ce qui nous achemine à notre bien éternel.Les trois meilleures et plus assurées marques des légitimes inspirations sont : la persévérance, contre l’inconstance et légèreté ; la paix et douceur de cœur, contre les inquiétudes et empressements ; l’humble obéissance, contre l’opiniâtreté et bizarrerie. »

 

Les motions ou  « inspirations » de l’Esprit Saint ne sont donc pas seulement des appels à servir« attraits, mouvements … lumières et connaissances, » elles peuvent être aussi des appels à la conversion, « reproches et remords intérieurs.» 

Saint François de Sales nous montre ce que l’Esprit Saint veut faire en nos cœurs : « nous réveiller, exciter, pousser et attirer aux saintes vertus, à l’amour céleste, aux bonnes résolutions, bref à tout ce qui nous achemine à notre bien éternel. »

Comment savoir si ces motions sont bien de l’Esprit Saint, c’est-à-dire faire un discernement ?

Saint François de Sales nous donne 3 critères de discernement :

1°) Exercer et pratiquer ces appels avec « persévérance » par exemple les noter ( dans le petit carnet où nous notons les Paroles de Dieu qui nous touchent)  pour ne pas risquer de les oublier.

2°) Rester en les vivant et en les mettant en œuvre dans « la paix et douceur de cœur.»

3°) Les vivre dans une « humble obéissance », c’est-à-dire sans chercher à se mettre en avant ou en valeur en les exerçant, toujours en s’effaçant derrière Jésus : « Lui, il faut qu’Il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30 ) disait Jean-Baptiste à ses disciples.   

Convertissons-nous, soyons des artisans d’amour et de paix, prions les uns pour les autres,  ensemble et en communion, nous pourrons mettre le feu au monde et à nos paroisses !   

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