5ème parole du Christ en Croix : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? » « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : «Éloï, Éloï, lema sabactani ?», ce qui se traduit : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! » L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »

(Marc 15, 34-36)

Le Christ le Christ reprend aussi le commencement du Psaume 21 (22), Il connaît les psaumes par cœur, Il sait que les derniers versets de ce psaume sont des Paroles d’Espérance :

Tu seras ma louange dans la grande assemblée… Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre !

.

Saint Yves perçoit dans le pauvre, le malade, le mourant le Christ abandonné, aussi sa sollicitude est extrême, sa compassion aussi inépuisable que la Miséricorde de Dieu. C’est ce que raconte Guillaume Ballech, du diocèse de Quimper, témoin 151. Alors qu’il était infirme et mendiant, il ne trouva aucun refuge à Tréguier et s’en vint à Ker Martin. L’accueil chaleureux de saint Yves est resté gravé dans sa mémoire.

Cependant Guillaume quitte Ker Martin dès l’aube et dom Yves lui reproche gentiment d’être parti trop discrètement car il voulait lui donner l’aumône avant son départ :

Pourquoi t’être retiré comme ça ?

[(Témoin N°151, Guillaume Ballech, paroissien de Kerrien, diocèse de Quimper, âgé de 60 ans ou environ…

« J’étais alors perclus d’une jambe ; elle se tenait contre ma cuisse, et j’étais incapable de l’étendre. Je marchais donc avec échasses et béquilles. Passant par la cité de Tréguier et ne trouvant personne pour me donner l’hospitalité pour l’amour de Dieu, je suis arrivé à la maison de dom Yves à Ker Martin.

Il manifesta une grande joie à me recevoir, joignit les mains, les leva au ciel et me dit : “~Béni soit Dieu qui m’a envoyé un messager !~” . Tout de suite on a dressé la table, et il m’a servi du pain, du potage et de l’eau. Dom Yves a mangé avec moi du pain grossier seulement et il a bu de l’eau fraîche. Le soir, il m’a fait coucher dans un lit, le lendemain j’ai pris la liberté de m’en aller.

Je ne me trouvais pas loin de la ville de La Roche-Derrien, tout près d’une chapelle, quand je vis dom Yves. “~Pourquoi t’être retiré comme ça ?~” me dit-il, et il m’a donné deux deniers.

Il est entré dans la chapelle et il y a célébré la messe devant moi et en présence de nombreuses personnes que je ne connaissais pas. À l’élévation du Corps du Christ, j’ai vu un éclair tourner rapidement autour du calice, si vite que je n’ai pas pu le fixer. L’élévation finie, l’éclair disparut. Au mois de septembre il y a eu 30 ans de cela. Du jour je ne me souviens plus ; de ceux qui étaient là non plus.
»)]

Le Christ dans Son Immense Amour n’a pas voulu abandonner l’homme. Il nous a fait le don de l’Eucharistie, sacrement de sa Présence Réelle que le pape François en ces jours cruels de pandémie mondiale met en avant dans la prière par l’Adoration Eucharistique.

De très nombreux témoins ont été touchés par la dévotion avec laquelle Saint Yves célébrait l’Eucharistie. Guillaume Ballech est-il témoin d’un miracle eucharistique ?

[(
Méditer avec le Cardinal Journet :

Le Christ a souffert pour nous et comme nous

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ? (Cette parole scandalise, en ce qu’elle donne un argument aux incrédules. Sur la croix soufferte pour le rachat des hommes, Dieu fait homme laisse échapper ce cri de désespoir. Pourquoi ? Car pour le rachat de l’homme, il accepte de souffrir cet « écartèlement » spirituel entre la vision pure de Dieu et la souffrance de la condition humaine dégradée par le péché, révoltée contre Dieu. Par ces mots, le Christ reprend aussi le commencement du Psaume 21 (22), qui n’est pas un chant de désespoir mais d’espérance messianique véritable. Et le cardinal Journet de nous inviter à prier : Faites qu’en redisant dans mon cœur les paroles que l’excès de votre souffrance pour les hommes vous a arrachées, je sente mon angoisse se dissoudre dans la vôtre, comme une larme dans l’océan.

Charles Journet, Les sept paroles du Christ en croix, Le Seuil, avril 1998, 182p..~)]

Psaume 21(22)

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j’appelle tout le jour, et tu ne réponds pas ;

même la nuit, je n’ai pas de repos.

Toi, pourtant, tu es saint, toi qui habites les hymnes d’Israël !

C’est en toi que nos pères espéraient, ils espéraient et tu les délivrais.

Quand ils criaient vers toi, ils échappaient ;

en toi ils espéraient et n’étaient pas déçus.

Et moi, je suis un ver, pas un homme,

raillé par les gens, rejeté par le peuple.

Tous ceux qui me voient me bafouent,

ils ricanent et hochent la tête :

« Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !

Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami ! »

C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère,

qui m’a mis en sûreté entre ses bras.

À toi je fus confié dès ma naissance ;

dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne sois pas loin : l’angoisse est proche,

je n’ai personne pour m’aider.

Des fauves nombreux me cernent,

des taureaux de Basan m’encerclent.

Des lions qui déchirent et rugissent

ouvrent leur gueule contre moi.

Je suis comme l’eau qui se répand,

tous mes membres se disloquent.

Mon cœur est comme la cire,

il fond au milieu de mes entrailles.

Ma vigueur a séché comme l’argile,

ma langue colle à mon palais.

Tu me mènes à la poussière de la mort. +

Oui, des chiens me cernent,

une bande de vauriens m’entoure.

Ils me percent les mains et les pieds ;

je peux compter tous mes os.

Ces gens me voient, ils me regardent. +

Ils partagent entre eux mes habits

et tirent au sort mon vêtement.

Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :

ô ma force, viens vite à mon aide !

Préserve ma vie de l’épée,

arrache-moi aux griffes du chien ;

sauve-moi de la gueule du lion

et de la corne des buffles.

Tu m’as répondu ! +

Et je proclame ton nom devant mes frères,

je te loue en pleine assemblée.

Vous qui le craignez, louez le Seigneur, +

glorifiez-le, vous tous, descendants de Jacob,

vous tous, redoutez-le, descendants d’Israël.

Car il n’a pas rejeté,

il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ;

il ne s’est pas voilé la face devant lui,

mais il entend sa plainte.

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;

devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.

Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;

ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :

« À vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,

chaque famille de nations se prosternera devant lui :

«Oui, au Seigneur la royauté,

le pouvoir sur les nations !»

Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ;

promis à la mort, ils plient en sa présence.

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;

on annoncera le Seigneur aux générations à venir.

On proclamera sa justice au peuple qui va naître :

Voilà son œuvre !

© AELF texte liturgique

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