RETRAITE DE CARÊME DU FONDS SAINT-YVES – MÉDITATION 2/8 – 1er dimanche de Carême – 21 février 2021

LA PAROLE DE DIEU

 

Lecture du Livre de la Genèse (Gn 9) : « Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis Mon Alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis Mon Alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Dieu dit : « Voici le signe de l’Alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’Alliance entre moi et la terre.»

Psaume 24/25 :« Rappelle-toi, Seigneur, Ta Tendresse, ton amour qui est de toujours. Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur. Il est droit, il est bon, le Seigneur, Lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. »

1ère Lettre de saint Pierre (1 P 3) : « Bien-aimés, le Christ, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu … Ceux qui jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : … il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ.»

Évangile de saint Marc  (Mc 1) « Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait :« Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

 

LE FIL ROUGE

 

Chers amis de saint Yves, nous avons expérimenté Mercredi des Cendres la Tendresse de Dieu qui nous est rappelée dans le psaume de ce 1er dimanche de Carême. Le Père nous invite à entrer plus profondément dans l’Alliance qu’Il établit avec l’homme, avec chacun et chacune de nous sans considérer nos pauvretés et nos limites. Cette Alliance fonde la grâce de notre Sacrement de baptême. Prenons le temps de réfléchir à cette grâce du baptême et de reconnaître les pauvretés qui sont les nôtres.

 

NOTRE CARÊME AVEC SAINT JOSEPH

 

Dans sa Lettre apostolique « Patris Corde » – Avec un cœur de père – le pape François dégage 7 traits de saint Joseph, le 7ème est Père dans l’ombre :

« Joseph qui est pour Jésus l’ombre sur la terre du Père Céleste. Il le garde, le protège, ne se détache jamais de lui pour suivre ses pas … « Yahvé ton Dieu te soutenait comme un homme soutient son fils » (Dt 1, 31). C’est ainsi que Joseph a exercé la paternité pendant toute sa vie … On ne naît pas père, on le devient … parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Toutes les fois que quelqu’un assume la responsabilité de la vie d’un autre, dans un certain sens, il exerce une paternité à son égard … Dans la société de notre temps, les enfants semblent souvent être orphelins de père. Même l’Église d’aujourd’hui a besoin de pères … Être père signifie introduire l’enfant à l’expérience de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs … Le bonheur de Joseph n’est pas dans la logique du sacrifice de soi, mais du don de soi. On ne perçoit jamais en cet homme de la frustration, mais seulement de la confiance. Son silence persistant ne contient pas de plaintes mais toujours des gestes concrets de confiance. Le monde a besoin de pères, il refuse les chefs, il refuse celui qui veut utiliser la possession de l’autre pour remplir son propre vide ; il refuse ceux qui confondent autorité avec autoritarisme, service avec servilité, confrontation avec oppression, charité avec assistanat, force avec destruction. Toute vraie vocation naît du don de soi qui est la maturation du simple sacrifice. Ce type de maturité est demandé même dans le sacerdoce et dans la vie consacrée … Chaque fois que nous nous trouvons dans la condition d’exercer la paternité, nous devons toujours nous rappeler qu’il ne s’agit jamais d’un exercice de possession, mais d’un “signe” qui renvoie à une paternité plus haute … En un certain sens, nous sommes toujours tous dans la condition de Joseph. »

 

LA SAINTE FAMILLE

 

Nous ne sommes plus très familiers des bergers tels qu’ils vivaient au temps de Jésus. Le berger vit dans l’ombre, en marge de la société juive, car il partage toute sa vie avec son troupeau : il marche avec ses bêtes, il dort au milieu d’elles,  il ne les quitte jamais quelle que soit la saison. Ils sont imprégnés de l’odeur de leurs bêtes. Les bergers représentent ces humbles qui vivent en marge, ceux pour qui Jésus est né en priorité et à qui la « Bonne Nouvelle » a été annoncée en premier. Malgré cette marginalité, malgré leur odeur et leurs vêtements loqueteux, ils sont accueillis avec joie par Marie et Joseph comme des enfants chéris du Père, ils sont invités à adorer l’Enfant-Dieu et à en être les 1ers témoins.

Évangile selon saint Luc au chapitre 2 (8-20)

« Dans la région de Bethléem, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :  « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.

Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. »

 

 

Saint Yves applique la justice des hommes, pleine et entière, sans passe-droit ni favoritisme, sans léser les pauvres et les marginaux chers au cœur de Dieu. Vers 1290, Yves était official – juge ecclésiastique – du diocèse de Tréguier, une scène a marqué Geoffroy Jubiter, recteur de l’église de Trédrez, Témoin 30.

Il en a témoigné au procès de canonisation de 1330 :  « J’ai vu – dit-il – un pauvre, un noble, – pendant des siècles, on a pu, en Bretagne, être noble et pauvre – il s’appelait Richard Le Brouz (ou Le Roux), – poursuit le recteur – il était de la paroisse de Trédrez – 1ère paroisse confiée à saint Yves- . Ce noble était en procès avec l’abbé de la Bienheureuse Marie du Relecq, au diocèse de Léon. Or sa pauvreté l’empêchait de poursuivre son procès. – A l’époque les frais de justice était déjà très lourds pour une bourse légère. –  Il s’en vint donc trouver dom Yves, le suppliant pour Dieu et par bonté de l’aider et de le soutenir dans son bon droit contre cet abbé qui cherchait à lui enlever sa terre ; il ne pouvait se défendre car il était vidé, pour ainsi dire, de toute sa substance. Dom Yves lui demanda : « Votre cause est-elle juste ? » – « Oui, répondit-il, je le crois et je suis prêt à vous en donner l’assurance par serment ». Ce qu’il dut faire, avant que dom Yves ne voulût s’engager dans son procès. Mais le serment prononcé, dom Yves se mit aussitôt à conduire le procès du pauvre, et il le mena jusqu’à sa conclusion au profit de notre pauvre, dont il défendait le bon droit. Voilà ce que j’ai vu. » 

 

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