RETRAITE DE CARÊME DU FONDS SAINT-YVES – MÉDITATION 4/8 – 3ème dimanche de Carême – 7 mars 2021

LA PAROLE DE DIEU

 

Lecture du Livre de la Genèse (Gn 20) : « Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant 6 jours tu travailleras et feras tout ton ouvrage mais le 7èmejour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur : tu ne feras aucun ouvrage… Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le 7ème jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. »

Psaume 18/19 : « La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. Les préceptes du Seigneur sont droits, réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, clarifie le regard … »

1ère lettre de saint Paul aux Corinthiens (1 Co 1) : « Frères, pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.»

Évangile de saint Jean  (Jn 2) : « Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »  Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment .. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. »

 

LE FIL ROUGE

 

Chers amis de saint Yves, nous expérimentons depuis le Mercredi des Cendres la tendre invitation du Père à entrer plus profondément dans son Alliance, dans son Plan d’Amour pour le Salut de l’homme, pour notre salut personnel au-delà de nos pauvretés et nos limites. Répondre à cette invitation, c’est accueillir le plan de Dieu pour l’humanité et nous en particulier.  Ce plan passe par travail. Jusqu’à l’âge de 30 ans Jésus a vécu l’humble condition du « fils du charpentier », du travailleur vivant de ses mains, en dehors de tous les trafics pratiqués par les négociants juifs, notamment au Temple de Jérusalem. Cette humilité de Dieu peut paraître folie aux yeux du monde.  Cet accueil implique que nous puissions ne pas comprendre le plan de Dieu; la démarche d’accueil suppose la confiance et l’abandon. Vendredi 26 février le Seigneur nous disait par le prophète Ézékiel : « Vous dites : « La conduite du Seigneur n’est pas la bonne. » Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? »

    

NOTRE CARÊME AVEC SAINT JOSEPH

 

Dans sa Lettre apostolique « Patris Corde » – Avec un cœur de père – le pape François dégage 7 traits de saint Joseph, le 6ème est Père travailleur : Le rapport avec le travail est un aspect qui caractérise saint Joseph et qui est mis en évidence depuis la première Encyclique sociale, Rerum Novarum de Léon XIII. Saint Joseph était un charpentier qui a travaillé honnêtement pour garantir la subsistance de sa famille. Jésus a appris de lui la valeur, la dignité et la joie de ce que signifie manger le pain, fruit de son travail. À notre époque où le travail semble représenter de nouveau une urgente question sociale et où le chômage atteint partout des niveaux impressionnants … il est nécessaire de comprendre …  la signification du travail qui donne la dignité.

Le travail devient participation à l’œuvre même du salut, occasion … de développer les potentialités et qualités personnelles en les mettant au service de la société et de la communion. Le travail devient occasion de réalisation, pour soi-même mais surtout pour ce noyau originel de la société qu’est la famille. Une famille où manque le travail est davantage exposée aux difficultés… Comment pourrions-nous parler de la dignité humaine sans le garantir ?

La personne qui travaille, quel que soit sa tâche, collabore avec Dieu Lui-même et devient un peu créatrice du monde qui nous entoure … Le travail de saint Joseph nous rappelle que Dieu lui-même fait homme n’a pas dédaigné de travailler. La perte du travail … en augmentation à cause de la pandémie du Covid-19, doit être un rappel à revoir nos priorités. Implorons saint Joseph travailleur pour que nous puissions trouver des chemins qui nous engagent à dire : aucun jeune, aucune personne, aucune famille sans travail !

LA SAINTE FAMILLE

 

Pour la vie de la Sainte Famille, c’est saint Luc qui s’est informé auprès de la Vierge Marie, qui rend compte de « la vie cachée à Nazareth. »                      

Évangiles selon saint Luc aux chapitres 1 (3), 2 (39-52) & 4 ( 16 et 22), saint Marc 6 (3)

Luc (1-03) « Après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début … » (2- 39 ) « En Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume… C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi … Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » (4- 16 & 22) « Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture …Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »  Marc (6– 3) « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient choqués à son sujet. »

Le dimanche 5 janvier 1964, le pape Paul VI était à Nazareth où il prononce un discours mémorable. Prenez le temps de méditer  ces quelques extraits.

http://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1964/documents/hf_p-vi_spe_19640105_nazareth.html

« Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus: l’école de l’Évangile. Ici on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend-on même insensiblement à imiter… Ici on découvre le besoin d’observer le cadre de son séjour parmi nous : les lieux, les temps, les coutumes, le langage, les pratiques religieuses, tout ce dont s’est servi Jésus pour se révéler au monde… Nous ne partirons pas sans avoir recueilli à la hâte quelques brèves leçons de Nazareth.  Une leçon de silence d’abord. Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’Esprit en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de tracas et de cris dans notre vie moderne bruyante et hypersensibilisée. Ô silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret.  Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable ; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable ; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.  Une leçon de travail. Nazareth, ô maison du « fils du charpentier », c’est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain ; ici rétablir la conscience de la noblesse du travail ; ici rappeler que le travail ne peut pas être une fin à lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent ; nous voudrions enfin saluer ici tous les travailleurs du monde entier et leur montrer leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur. »

LA VIE DE SAINT YVES NOUS REJOINT

 

Saint Yves est l’ami des travailleurs, telle cette paysanne dont parle Guillaume, fils d’Aymonel, paroisse de Trélévern, témoin 38 : « J’ai vu dom Yves prêcher la parole de Dieu à une brave femme toute seule. Elle s’appelait Helion, elle était de Trélévern. Il lui prêchait dans sa maison parce qu’elle était alors désolée d’avoir perdu quelque chose. » Dom Yves passe parfois des journées à leurs côtés. Guillaume de Pléchec, seigneur du château Tilbaudi, au diocèse de Quimper, témoin 28, se souvient : « J’ai vu Dom Yves dans la forêt de Fréau où il faisait préparer du bois pour l’église de Tréguier. Ce bois lui avait été donné par le seigneur Pierre, défunt seigneur de Rostrenen. Dom Yves se tenait là presque tout le temps à côté des ouvriers, ne se nourrissant que de pain grossier et buvant de l’eau fraîche. »

Les charpentiers de Tréguier aimaient à raconter comment Yves était venu au secours de quelques-uns de leurs jeunes collègues maladroits. Henri de Ker Guezonec, prêtre, paroissien de Coatreven, témoin 135 : « Des charpentiers avaient par inexpérience coupé trop court des madriers pour la confection du Pont Losquet, diocèse de Tréguier, et les avaient donc rendus inutilisables à cet effet. Or grâce aux prières de dom Yves qui passait par là ces madriers se trouvèrent miraculeusement à même de tenir leur place dans l’ouvrage. Un jour, j’ai vu Yves de Kerguezonec, mon père, dans un trouble et une colère formidables. Il avait acheté du bois, à ses frais et dépens, pour construire cet ouvrage, et voilà qu’après l’avoir fait mesurer par des gens qualifiés trois, quatre ou cinq fois, il l’avait trouvé trop court d’un demi-pied pour ce à quoi on le destinait. Pour la consolation de mon père, dom Yves vint à passer et pria Dieu de rendre les madriers à même de tenir leur place. Après quoi dom Yves mesura le bois et l’on trouva qu’il allait bien. J’étais présent à ce que je vous raconte.»

LE FORUM DU FONDS SAINT-YVES (Participation facultative.)

RÉPONSES à intercsaintyves@gmail.com POUR MERCREDI 03 MARS à Midi (Forum publié à 20H).

1°) Comment l’Esprit Saint me rejoint-il et me touche-t-il dans cette 3ème méditation ?

2°) Est-ce que j’accueille et offre mon travail, mes activités, comme un don de Dieu ?

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