RETRAITE DE CARÊME DU FONDS SAINT-YVES – MÉDITATION 6/8 – 5ème dimanche de Carême – 21 mars 2021

 

LA PAROLE DE DIEU

 

Lecture du prophète Jérémie (Jr31, 31-34)  « Voici venir des jours – oracle du Seigneur –, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle … Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple … Je pardonnerai leurs fautes. »

Lecture de la lettre aux Hébreux (He 5, 7-9 ) « Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu … Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, … il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. »   

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 20-33)  « Quelques Grecs parmi … abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » …  Alors Jésus leur déclare : « … Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « … Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »  Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.   »

LE FIL ROUGE

 

Chers amis de saint Yves, nous essayons de vivre la tendre invitation du Père à ressaisir son Alliance, son Plan d’Amour pour l’homme, pour notre salut personnel malgré nos pauvretés et nos limites. Accueillir le plan de Dieu c’est le vivre au quotidien dans notre travail comme Jésus qui jusqu’à 30 ans a vécu l’humble condition du « fils du charpentier », du travailleur vivant de ses mains. Notre travail vécu sous le regard de Dieu peut être offert dans la prière quotidienne. C’est aussi rejoindre Jésus dans les difficultés et sur la Croix, sûrs que le Plan de Dieu s’accomplira, que la Miséricorde de Dieu va se déployer, que Son Fils Jésus a sauvé le monde. Ce qu’Il attend de nous c’est la foi et la fidélité dans la prière. Foi et fidélité sont des mots qui ont la même racine. En latin classique, « fides » signifie tout à la fois la promesse faite, le respect de la parole donnée, la sincérité et la loyauté, « la qualité propre d’un être ». Sans la prière prolongée et vécue au quotidien, nous ne pouvons avoir la force de regarder et témoigner de la Croix en nos vies.

Saint Yves n’a pas craint de s’opposer au pouvoir royal pour défendre les droits de l’Église, c’est-à-dire Jésus, tête de l’Église, et les pauvres, corps de l’Église. C’est dans la prière qu’il a puisé cette force et ce courage en vrai témoin de Jésus pour les hommes et femmes du Trégor, ses frères et sœurs en Christ.

 

NOTRE CARÊME AVEC SAINT JOSEPH

 

Dans sa Lettre apostolique « Patris Corde » – Avec un cœur de père – le pape François dégage 7 traits de saint Joseph, le 5ème est Père au courage créatif : « Ce sont parfois les difficultés qui tirent de nous des ressources que nous ne pensons même pas avoir … Joseph est l’homme par qui Dieu prend soin des commencements de l’histoire de la rédemption. Il est le vrai “miracle” par lequel Dieu sauve l’Enfant et sa mère. Le Ciel intervient en faisant confiance au courage créatif de cet homme qui, arrivant à Bethléem et ne trouvant pas un logement où Marie pourra accoucher, aménage une étable et l’arrange … Devant le danger imminent d’Hérode qui veut tuer l’Enfant, Joseph alerté, en rêve, organise la fuite en Égypte au cœur de la nuit.… Si quelquefois Dieu semble ne pas nous aider, cela ne signifie pas qu’il nous a abandonnés, mais qu’il nous fait confiance, qu’il fait confiance en ce que nous pouvons projeter, inventer, trouver. L’Évangile ne donne pas d’informations concernant le temps pendant lequel Marie, Joseph et l’Enfant restèrent en Égypte. Cependant, ils auront certainement dû manger, trouver une maison, un travail … La sainte Famille a dû affronter des problèmes concrets comme toutes les autres familles, comme beaucoup de nos frères migrants qui encore aujourd’hui risquent leur vie, contraints par les malheurs et la faim. En ce sens, je crois que saint Joseph est vraiment un patron spécial pour tous ceux qui doivent laisser leur terre à cause des guerres, de la haine, de la persécution et de la misère. À la fin de chaque événement qui voit Joseph comme protagoniste … il se lève, prend avec lui l’Enfant et sa mère… Nous devons toujours nous demander si nous défendons de toutes nos forces Jésus et Marie qui sont mystérieusement confiés à notre responsabilité, à notre soin, à notre garde. Le Fils du Tout-Puissant vient dans le monde en assumant une condition de grande faiblesse. Il se fait dépendant de Joseph pour être défendu, protégé, soigné, élevé. Dieu fait confiance à cet homme, comme le fait Marie … En ce sens, Joseph ne peut pas ne pas être le Gardien de l’Église. »

LA SAINTE FAMILLE

 

Pour la vie de la Sainte Famille, saint Matthieu a aussi des sources propres: Évangile selon saint Matthieu 2 (13-23)

Par son obéissance saint Joseph déjoue la violence d’Hérode, par son travail il assure leur vie de migrants en Égypte.

«  Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode … Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth. »

LA VIE DE SAINT YVES NOUS REJOINT

 

Mais Yves, homme de paix, n’a rien d’un timoré, il est prêt à s’enflammer comme son Divin Maître au temple de Jérusalem, pour que Justice soit respectée. Denys Jameray, citoyen de Tréguier, explique : « Jamais je n’ai vu Dom Yves énervé contre quelqu’un ni en colère, sauf quand il entendait dire qu’on machinait quelque injustice contre son prochain.» (T.32)

L’affaire la plus connue est rapportée par Darien de Trégroin (T.47). En 1297, le roi de France, Philippe le Bel veut prélever sur l’église les impôts du centième et du cinquantième contre l’avis du pape Boniface VIII. À Tréguier, le trésorier de la cathédrale, Guillaume de Tournemine,  veut négocier avec les collecteurs mais Yves s’y oppose :  « des gens du roi de France voulaient s’emparer de force d’un cheval de l’évêque de Tréguier. Dom Yves accourut et le leur arracha. « Vous ne pouvez, leur dit-il, rien revendiquer sur le territoire libre du bienheureux Tugdual ». Celui qui était trésorier de Tréguier se moqua de lui et l’injuria : «Coquin, coquin, dit-il, vous nous avez mis en péril de perdre tout ce que nous avons … car vous n’avez rien à perdre». Yves répondit avec bienveillance et bonne humeur : «Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l’Eglise ».

Pierre Arnou, prêtre, vicaire de l’église de Tréguier, (T.7 ) précise :« J’ai vu dom Yves maintes fois coucher par terre tout habillé dans la sacristie de l’église de Tréguier… pour surveiller les objets sacrés et les autres biens qui appartenaient à l’église et qui s’y trouvaient. En effet des gens du roi de France, qui séjournaient alors à Tréguier, voulaient s’en emparer. Ils voulaient prélever sur les biens meubles appartenant à l’évêque, au chapitre de l’église de Tréguier, et aux autres membres du clergé de la ville et du diocèse, l’impôt du centième et du cinquantième. Dom Yves usait de tous les moyens et usait de toutes les voies pour résister à cette opération. Un jour un sergent du roi de France avait pris dans la propriété de l’évêque un cheval moreau qui valait à peu près quarante livres, et, alors qu’il le conduisait, dom Yves lui fit face dans le cimetière, prit le cheval par le mors, l’arracha des mains du sergent et le reconduisit dans la propriété de l’évêque. » Darien de Trégroin ajoute : « Tous se demandaient avec beaucoup d’appréhension quel malheur s’ensuivrait. Cependant pour le lendemain tout était apaisé ; et les émissaires royaux n’emportèrent rien. Le fait fut jugé comme un très grand miracle et complètement imputé à la bonté et aux mérites de dom Yves. » La fermeté d’Yves avait porté son fruit. Le peuple des pauvres l’aimait affectueusement, prêt à mourir pour lui  : La scène est précisée par Geoffroy Hylaire, citoyen de Tréguier, témoin 215 :« … Maître Yves, voyant qu’on violait la liberté de l’église de Tréguier, saisit le cheval par la bride. L’écuyer tirait le cheval par les rênes, Yves le tirait de l’autre côté, si bien que l’écuyer rompit les rênes alors qu’Yves tenait le cheval par le fer du mors. C’est alors que de la ville arrivèrent au secours de maître Yves des pauvres, des boiteux, des aveugles, des paralytiques et autres. Voyant la foule des pauvres, le sergent stupéfait abandonna le cheval à maître Yves.»

Dans les auberges de Tréguier et les maisons d’hôtes, les récits sur la justice d’Yves faisaient la joie des veillées au coin du feu.

LE FORUM DU FONDS SAINT-YVES (Participation facultative.)

RÉPONSES à intercsaintyves@gmail.com POUR MERCREDI 24 MARS à Midi (Forum publié à 20H).

1°) Comment l’Esprit Saint me rejoint-il et me touche-t-il dans cette 6ème méditation ?

2°) Ai-je osé défendre l’Église critiquée par des parents, amis ou collègues?

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