Saint Yves et les pauvres 8/10 – L’amour des pauvres envers saint Yves.

Prière à l’Esprit Saint :  Esprit Saint, âme de mon âme, je T’adore et je T’aime, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi, indique-moi la route. Je m’en remets, à l’exemple de saint Yves, à tout ce que Tu désires de moi, fais-moi seulement connaître Ta volonté pour éclairer mon chemin. Seigneur Esprit Saint je me tourne vers Toi avec confiance, appuyé sur la prière de ton serviteur saint Yves ; Tu lui as donné en son temps de juger avec équité, d’assister les pauvres. Aussi avec Ton aide, je prends aujourd’hui saint Yves comme modèle de sainteté. Amen.

SAINT YVES, UNE VIE DE SERVICE ET D’AMITIÉ AUX CÔTÉS DES PAUVRES

Par Daniel Giacobi

https://fonds-saintyves.fr/connaitre-saint-yves/saint-yves-une-vie-de-service-et-damitie-aux-cotes-des-pauvres-par-daniel-giacobi/

8 – L’amour des pauvres envers saint Yves

Nous ne pouvons pas attendre que les pauvres frappent à notre porte, il est urgent que nous les atteignions chez eux, dans les hôpitaux et les résidences de soins, dans les rues et les coins sombres où ils se cachent parfois, dans les centres de refuge et d’accueil… Il est important de comprendre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils éprouvent et quels désirs ils ont dans leur cœur. Pape François – § 9 – Message pour la 5ème journée mondiale des pauvres- 14 novembre 2021-

N’allons pas croire que la vie d’Yves est un long fleuve tranquille. Son attitude de conciliation est parfois incomprise, Yves en vrai disciple du Christ va à contre-courant de l’esprit du monde et il en paye le prix. De nombreux témoins rapportent qu’il a eu à subir de « multiples railleries » mais lui, sans colère ni agacement, se contentait de rire et sourire. Geoffroy de Saint Léan, recteur de l’église de La Roche-Derrien, raconte : « quand on le raillait et qu’on le traitait de gueux, il se contentait de rire et ne répondait rien. »

Guillaume de Tournemine, trésorier de Tréguier, en désaccord avec Yves sur l’attitude face aux sergents du roi de France venus prélever l’impôt à Tréguier, le traite « de rustre, de coquin, de truand, de gueux. » et « dom Yves –selon Hamon Nicolay de Tréguier- supportait cela avec patience, et leur répondait en riant : « Que Dieu vous épargne d’être ce que vous dites ! » (T.8) Yves de Trégordel, paroissien de Pleubian (T.46) se « souvient avoir vu dom Yves défendre la cause d’une femme, une pauvre veuve, nommée Alice Amon, de la ville de Tréguier, dans la cour du Seigneur G. de Tournemine, contre le fils Prigent de Ploëzal. A cette occasion, l’avocat de la partie adverse l’insulta de bien des manières. Dom Yves lui dit : « Ne me dites pas des injures pour la raison que c’est moi qui défends la cause juste». Et tout le temps qu’il parlait son visage était joyeux et son rire bienveillant. »

 

Yves homme de paix n’a rien d’un timoré, il est prêt à s’enflammer comme son Divin Maître au temple de Jérusalem, pour que Justice soit respectée. L’affaire la plus connue est rapportée par Darien de Trégroin (T.47). Nous sommes en 1297, le roi de France, Philippe le Bel, veut prélever sur l’église les impôts du centième et du cinquantième contre l’avis du pape Boniface VIII. Certains à Tréguier, tel le trésorier de la cathédrale, Guillaume de Tournemine,  veulent négocier avec les collecteurs mais Yves s’y oppose :  « À quoi Yves répondit avec bienveillance et bonne humeur : «Vous direz ce qui vous plaira, mais, moi, pour autant que je le pourrai, je me battrai toute ma vie pour la liberté de l’Église ». Pierre Arnou, prêtre, vicaire de l’église de Tréguier, (T.7 ) précise :«  Un jour un sergent du roi de France avait pris dans la propriété de l’évêque un cheval moreau qui valait à peu près quarante livres, et, alors qu’il le conduisait, dom Yves lui fit face dans le cimetière, prit le cheval par le mors, l’arracha des mains du sergent. » La scène est précisée par Geoffroy Hylaire, citoyen de Tréguier, témoin 215 : « L’écuyer tirait le cheval par les rênes, Yves le tirait de l’autre côté … C’est alors que de la ville arrivèrent au secours de maître Yves des pauvres, des boiteux, des aveugles, des paralytiques et autres. Voyant la foule des pauvres, le sergent stupéfait abandonna le cheval à maître Yves.»

Cette affection des pauvres de Tréguier s’exprima aussi à sa mort. Écoutons le témoin 20, Hamon Toulefflam, de la paroisse de Plestin, ermite de bonne réputation : « J’ai vécu par intervalles avec lui la durée de deux ans. Ainsi lorsque je suis revenu de mon dernier pèlerinage aux Sept Saints de Bretagne, j’ai trouvé dom Yves malade de la maladie dont il est mort. Il poursuit : Sa sainteté lui valait une grande autorité et un grand respect. Nobles, riches et pauvres l’avaient en vénération et le révéraient comme un père. Ils se levaient pour lui faire honneur. Ils allaient plus volontiers à ses prédications qu’à celles des autres. Je crois que celles-ci ont rapproché de Dieu bien des gens que le diable avait entraînés. » 

Yves envoie Jacquet, son serviteur, le fils de Rivoallon le jongleur, témoin 43, rassurer ses paroissiens de Louannec qui affluent à Ker Martin pour dire à Yves leur affection : « Je n’ai pas assisté à sa mort dit Jacquet. Cependant j’étais là durant sa maladie jusqu’au troisième jour avant sa mort. Ce jour-là dom Yves m’a commandé d’aller à son église pour empêcher les gens de venir le voir, et leur dire qu’il était en bonne condition, grâce à Dieu ; et il le fit faire parce qu’à l’annonce de la gravité de sa maladie les gens commençaient à affluer à son chevet, et particulièrement de la paroisse de Louannec … »

Vitrail, Église de Louannec, 2nde paroisse de saint Yves

Le tableau de sa mort est complété par le témoin 17, Alain de La Roche Hugon, paroissien de Trézélan et par Yves Avispice autrefois au service de dom Yves, devenu ermite près de Guingamp, témoin 11: « Le seigneur Geoffroy de Tournemine, de bonne mémoire, défunt évêque de Tréguier, visita dom Yves au cours de la maladie dont ce dernier mourut, et cet évêque me dit, ainsi qu’à plusieurs autres, que, dom Yves étant gravement malade, il était allé le voir et qu’il l’avait trouvé tout habillé sur son lit, lequel lit lui paraissait de vraiment piètre qualité ; à son avis il n’y avait là que de la paille et une couverture de très mauvaise qualité. Aux reproches de l’évêque lui disant qu’il était mal, dom Yves répondit qu’il résistait mieux comme cela qu’il ne ferait autrement ».

Yves reste au plus près de « pauvres du Christ » jusqu’en la mort. La nouvelle de la mort de celui qu’on appelle déjà « Monsieur saint Yves » se répand plus vite que l’éclair, tous ceux qu’il a aimés et servis sont là pour accompagner son corps qui est amené à la cathédrale de Tréguier, 1er pardon de la saint-Yves mais à l’envers, de Minihy à Tréguier, le splendide vitrail au fond de l’église de Minihy, évoque ce moment unique. Écoutons Constance, épouse d’Étienne Ymbert, de la ville de Tréguier, témoin 45 : « Je n’ai pas assisté à la mort de dom Yves, mais j’étais bien à sa sépulture dans l’église de Tréguier. J’y ai vu à cette occasion une foule de gens qui touchaient alors le corps de dom Yves ou la civière sur laquelle il gisait. Certains le faisaient avec leurs capuchons, quelques-uns de leurs mains, du mieux qu’il pouvaient. Il y avait là une immense multitude de pauvres, d’estropiés, d’infirmes et d’autres qui pleuraient sa mort ... »

 1,045 Nombre total de vues,  7 Vues aujourd'hui

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.