3ème parole du Christ en Croix : « Femme, voici ton fils… Voici ta mère. »


« Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère.» Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. »

(Jean 19, 25-27)

Saint Yves, dévot de la Vierge Marie

Le jeune Yves découvre le monde à l’aune de sa foi forgée près de sa mère, Dame Azo du Quenquis. Yves reçoit d’elle l’appel à la sainteté, tout jeune, elle le guide sur ses sentiers. Elle lui apprend à vivre de façon à devenir un saint, elle en a eu en songe la prémonition comme elle le dit au précepteur d’Yves, Jean de Kerhoz (Témoin n°1) déclare :

sa mère m’a dit un jour qu’il serait saint car la chose lui avait été révélée à elle, sa mère. Elle me l’a dit dans la maison des parents de dom Yves… Il y avait là sa mère et son père, dom Yves et moi, personne d’autre

Sa mère Azo l’initie à la prière à l’école de sainte Pompée, mère de saint Tugdual, le moine fondateur de Tréguier. Un vitrail de l’église de Minihy-Tréguier le montre sur les genoux d’Azo, tourné vers l’ange Gabriel.

N’est-ce pas par les mères que Dieu forge les âmes et cisèle ses chefs-d’œuvre ?

La foi d’Yves est pétrie par les récits évangéliques, ceux de la Sainte Famille notamment, par la mémorisation des psaumes. La prière dessine la figure de saint Yves. Étudiant, malgré des études difficiles, elle est au cœur de sa vie.

Yves est un dévot de la Vierge Marie, dans une vénération ardente il la prie souvent, fréquente les chapelles qui lui sont dédiés comme celle du Yaudet, près de Trédrez, première paroisse de saint Yves. Elle a été édifiée au XIe s. dans un cadre grandiose de falaises granitiques abruptes couvertes de landes, sur une pointe escarpée, à l’embouchure du Léguer. L’édifice actuel reconstruit en partie en 1855 est renommé pour sa Vierge couchée. Saint Yves a fréquenté ce lieu sublime qui nous dit quelque chose de la grandeur de Dieu et il y a prié la Vierge Marie. La chapelle qu’il fait construire à Ker Martin lui est dédiée, invitation à y prier le chapelet avec Yves. Yves Avispice, ermite, (témoin n°11), qui fut au service de saint Yves de son vivant, rapporte qu’« il jeûnait aux vigiles de la Bienheureuse Marie et des apôtres ».

Yves allait-il à Quintin pour vénérer la relique de Notre Dame de Délivrance…

… un morceau de la ceinture de la Vierge Marie rapporté par un croisé, compagnon de saint Louis ? Selon la tradition du sanctuaire, parfois contestée, Geoffroy Boterel,1er Seigneur de Quintin participa avec son frère Henri à la 7ème croisade conduite par Saint-Louis, en 1248. Il revint dans ses terres en 1252 y rapportant un fragment de l’une des ceintures de la Mère du Christ, la précieuse relique lui aurait été remise par le Patriarche de Jérusalem, Robert de Saintonge, ancien évêque de Nantes. Il la déposa dans la chapelle de son château dédiée à la Vierge Marie, un reliquaire fut réalisé et gardé par les sacristains. Geoffroy échappa à la mort à Damiette grâce à la protection de saint François d’Assise, il prit à Dinan au Couvent des Cordeliers la bure franciscaine et y acheva sa vie. La vénération de la relique de la Vierge à Quintin a traversé les siècles comme en témoigne les ex-votos qui entourent Notre-Dame de la Délivrance, offerts par toutes ses femmes enceintes protégées par la précieuse relique.

[(
Témoin N°44, Derrien de Bouaysalio témoigne :

Une fois dom Yves, quelques autres et moi, sommes allés en pèlerinage ensemble, à la Bienheureuse Vierge de Quintin, au diocèse de Saint-Brieuc. A cette occasion, un de nos compagnons, nommé Thomas de Kerrimel, touché par les exhortations et les prédications que dom Yves lui avait faites, se fit en chemin moine au monastère de la Bienheureuse Marie de Bégard.

)]

Yves nous interroge sur notre dévotion à la Vierge Marie, sur notre fidélité au chapelet.

[(Méditer avec le Cal Journet : Notre Mère à Tous

« Puis il dit au disciple : voici ta mère » (Jean 19, 27) Si nous sommes tous unis dans le Christ, alors nous sommes tous enfants de Marie. Mais plus encore, nous lui sommes explicitement confiés par Celui qu’elle a physiquement enfanté. Tous ceux qui souffrent dans le Christ ont, debout, digne et pleine de compassion au pied de leur croix, cette Mère co-rédemptrice. Dieu confie ainsi l’humanité à celle qui, toute humaine, est néanmoins la plus proche, la plus intimement liée au Christ Dieu fait homme. Le cardinal Journet insiste sur la signification d’une telle désignation : Marie est aussi celle qui à Cana, a par ses mots fait que Jésus débute sa vie publique en accomplissant son premier miracle. Elle est donc l’intercession la plus directe, la plus efficace et la plus aimante que nous puissions solliciter.

[Les sept paroles du Christ en croix->
https://fr.aleteia.org/2017/11/05/mediter-les-sept-paroles-du-christ-en-croix/], par Charles Journet, Seuil, avril 1998, 182p.)]

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